âne

 

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Races d'ânes
Les races varient en coloration, du blanc presque pur au gris-noir très foncé. Elles ont des tailles, des dessins et des qualités différentes. Darwin signale quatre races distinctes, en Syrie uniquement. Il y existait une race fine et gracieuse, à la démarche aisée, utilisée par les dames de haut rang. La race dite arabe, bien nourrie et bien soignée, était affectée à la selle. Un âne de constitution plus massive, plus lourd, était employé pour les labours, habituellement attelé en compagnie d'un dromadaire, et pour d'autres tâches diverses. La quatrième race, celle de Damas, généralement blanche, était la plus grande, avec un corps allongé et des oreilles particulièrement longues. Des ânes de race similaire, mais de coloration gris-blanc, se rencontrent dans tout le Moyen-Orient, et une race semblable jouit d'une grande vogue à Bagdad, des siècles durant.

La principale caractéristique de ces types était leur endurance. Ils pouvaient trotter ou galoper pendant des heures sans montrer de signes de fatigue et, dans les terrains accidentés et montagneux, leurs performances étaient supérieures à celles d'un cheval.

La race Mahratta, du Pakistan, de l'Inde occidentale et de Ceylan, est la plus petite, avec une hauteur de 75 cm, capable de transporter des charges disproportionnées à sa taille. La plus grande est la race française du Poitou, mesurant jusqu'à 1,7 m, grise ou noire, approchant, par sa grandeur, un cheval de trait, avec une grande tête lourde, des membres massifs, de larges sabots, des oreilles allongées, un pelage abondant et une crinière pendante, en lieu et place de la crinière érigée habituelle. Cette race est presque exclusivement réservée à la production de mulets.

La vitalité des ânes se reflète dans leur longévité. Des hémiones conservés dans des zoos ont vécu fréquemment de 20 à 24 ans. Le record pour une mule est de 37 ans. Pour l'âne domestique, il existe de nombreux cas excédant 20 ans, quelques-uns de 37 et plus; un âne blanc aurait vécu 50 ans. On a prétendu à des longévités de 50 ans et plus, voire 80 ans. Quelle que soit la vérité, la fréquence même de ces témoignages implique que l'on tient traditionnellement l'âne pour un animal doté d'une grande longévité.

Lait d'ânesse thérapeutique

Outre les utilisations faites des ânes comme montures et comme bêtes affectées à de multiples corvées, leur viande a (parfois été consommée. Les références ; bibliques nous rappellent que les possessions d'un homme puissant comprenaient un grand nombre d'ânesses. Le lait d'ânesse est hautement nutritif, car il contient plus de sucres et moins de matières i grasses que le lait de vache. Il est particulièrement recommandé contre la tuberculose. En effet, il était plus prisé jadis comme médecine que pour sa valeur alimentaire, ce qui expliquerait pourquoi Cléopâtre se baignait dans du lait d'ânesses. Au XVIe siècle, un antidote contre les intoxications consistait à boire un bouillon fait d'os d'âne broyés et macérés dans de l'eau. Sans aucun doute, ce breuvage provoquait l'indispensable vomissement. On le tenait également pour un bon antidote du venin de scorpion. On croyait même qu'il suffisait à la personne piquée par un scorpion de regarder dans l'oreille d'un âne pour être guérie — et nous osons dire d'un âne qu'il est stupide !

D'autres vertus curatives ont été attribuées à l'âne. Des poils coupés sur le dessin en croix ornant ses épaules prévenaient les accès de fièvre et les convulsions s'ils étaient mis dans un sachet suspendu au cou d'un enfant. Dans certaines régions d'Angleterre, dans le Dorset, il était de coutume de placer un enfant en travers d'un âne pour prévenir la coqueluche. Si l'enfant en souffrait déjà, le traitement consistait à passer le patient trois fois sous le ventre et trois fois sur le dos d'un âne. La peau d'un âne suspendue au-dessus d'un petit garçon le prévenait des frayeurs nocturnes.

<"Donkey", pour les Anglais
Le mot anglais "donkey" apparut très tard dans l'histoire; en Angleterre, c'était un sobriquet dont on affublait cet animal au XVIIIe siècle. Personne ne sait comment il naquit. Certains disent qu'il est dérivé de "dun", la couleur de la robe de l'animal, avec l'adjonction du mot "kin", signifiant petit. Une autre suggestion serait une quelconque relation avec le mot "Duncan", substantif gaélique signifiant guerrier brun. Quelle que soit son appellation, l'animal est généralement associé dans notre esprit à la stupidité. De nombreuses histoires pourraient être contées pour infirmer cela. L'une des plus courtes et des meilleures est narrée par Canon Tristan, le devin et réputé voyageur, qui écrivit: "Un de nos quatre ânes, qui avait été sérieusement maltraité pour sa mauvaise conduite par un membre de notre groupe, n'en a jamais oublié les circonstances. Tandis qu'il était prêt à caresser chacun des autres, il restait grave chaque fois que son ancien ennemi se trouvait à proximité, feignant d'être inconscient de sa présence, jusqu'à ce qu'il se trouvât à portée de ses sabots. Alors, un coup aussi soudain que violent, accompagné d'un regard superbement flegmatique, résultait immanquablement."

 
 
 
 
 
 

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