Chat
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Divinité éternelle
On ne saurait partager l'opinion de cet illustre savant et de ses disciples. En réalité, le chat était, et reste encore une divinité. C'est un animal symbolique, inaccessible, distant, réincarnation d'un culte ancestral, que nos religions modernes n'ont pas réussi à déraciner, réminiscence d'un paganisme latent qui sommeille au fond de l'être humain. De tout temps, et dans toutes les grandes civilisations jalonnant la longue histoire de l'homme, les chats (félidés) furent les symboles du Soleil, puis de la Royauté et de la Force: tigre en Chine, lion en Egypte ancienne, en Ethiopie, au Tchad, en Grande-Bretagne; puma et jaguar dans les Empires astèque, inca, et au Brésil, comme d'ailleurs chez les Américains des jungles amazoniennes; guépard au royaume de Sardaigne. Les rois, chefs et notables africains jouissent, aujourd'hui encore, du privilège de se parer de crinières de lions et de peaux de félins. Ce n'est pas un effet du hasard qui a provoqué la fascination des femmes pour les fourrures des félins! La motivation en est très profonde et nous en voulons pour preuve la substitution des fourrures synthétiques — répliques fidèles — aux peaux véritables des félins tachetés, dont certaines espèces sont symboliquement "protégées".
Tous les grands félins étaient sacrés; leur possession était réservée aux rois. C'était le cas en particulier du lion dans l'Egypte antique. Dans ces circonstances, n'était-il pas logique que le petit peuple, pour qui le monstre sacré restait inaccessible, ne se soit tourné vers un autre félin, de taille réduite, d'un entretien facile, pour s'en faire une idole vivante, une image, réplique conforme du Dieu-Soleil ou du Dieu-Roi, partageant son humble demeure, au même titre que les icônes et images pieuses symbolisent la foi à l'heure actuelle.
Bien avant l'aube de l'Empire égyptien, les premières civilisations de l'Indus connaissaient le chat. On en a exhumé des os datant de plus de 4000 ans av. J.-C, dans les ruines de Jéricho. Les Egyptiens l'adoptèrent et le culte du Chat (Bastet, Bubastis) parvint à son apogée vers 1500 avant notre ère. Aucune des nombreuses figurations égyptiennes ne montre un chat pourchassant des souris! Toutes ces "idoles vivantes" étaient soigneusement embaumées après leur mort, et leur momie, enrobée de bandelettes, prenait place dans l'une des nombreuses nécropoles lors de pèlerinages. C'est par dizaines de tonnes que les chats furent exhumés en Basse-Egypte au début du siècle. Ces momies, en nombre incalculable, furent embarquées sur des cargos, à destination de l'Angleterre, pour y être broyées et répandues sur les champs comme engrais agricole... Pourquoi, si ce n'est pour des motifs religieux, les Egyptiens embaumaient-ils leurs chats? Que nous sommes loin de l'animal domestiqué pour ses qualités de destructeur de souris!... Les Phéniciens, les Egyptiens et les Musulmans ont emmené le chat jusqu'aux confins des pays qu'ils ont colonisés. Avec les Romains, pour qui, en effet, le chat n'était qu'un destructeur de souris, il colonisa l'Europe, l'Angleterre et les îles méditerranéennes. Eclipsé au Moyen Age, accusé de sorcellerie, condamné par l'Eglise, le chat réapparut par la suite. Il reconquit ses titres de noblesse et redevint un roi, un demi-dieu. En dépit du fait que toutes les races connues résultent de croisements ou de mutations, obéissant strictement aux lois de la génétique, et en tous points analogues à celles du lapin, du cobaye et du rat de laboratoire, nous persistons à voir en elles des créations entourées de mystère: chats "sacrés" de Birmanie, chats des temples siamois, chat abyssin (descendant des chats égyptiens!)... Ces belles légendes, toutes plus fausses les unes que les autres, ne constituent-elles pas une preuve irréfutable d'un certain culte du Chat, de notre besoin profond — parfois inconscient — de rechercher chez cet animal un peu de mystère, et d'une certaine mystique ancestrale ancrée au plus profond de notre subconscient? Aucun animal de la création n'est plus parfaitement indifférent, inutile, égoïste que le chat; mais d'autre part aucun autre animal domestique ne partage la place primordiale du chat, à qui tout est permis, ni ne jouit des égards, des soins et de l'affection que nous lui offrons. Que lui demandons-nous en contrepartie? Un ronronnement, un certain regard, qui n'a pas son pareil dans le monde animal; rien! N'est-ce pas là une forme de culte?
Un fait est certain. On ne reste pas indifférent à la vue d'un chat. Peu d'animaux suscitent une pareille réaction affective, ou répulsive. On est "catophile", ou "catophobe".
L'origine du chat est restée aussi mystérieuse que le motif de sa domestication. Nous sommes actuellement en mesure de situer l'ancêtre de notre chat domestique, disons les espèces sauvages, dont sont issus nos chats actuels. Il s'agit du "chat orné", qui habite les régions sèches et chaudes de l'Inde centrale et occidentale, ainsi que le Pakistan. Domestiqué par les premières civilisations de l'Indus, le chat fut amené au Proche-Orient, d'où il passa en Egypte. Là, un autre petit félidé, le chat africain, ou "chat ganté", se mêla à ses effectifs et fut domestiqué, vers l'an 2000 av. J.-C. Nos chats actuels sont donc issus de deux ancêtres — au demeurant très proches parents — l'un asiatique, l'autre originaire du nord-est de l'Afrique. Tout n'a pas encore été découvert et de nombreux points obscurs restent à élucider. Néanmoins, les recherches progressent, et un jour viendra, sans doute, où se dissiperont les derniers mystères entourant notre plus insolite compagnon: ce petit félin, resté depuis 4000 ans le seul animal domestique que l'homme n'a jamais pu asservir.
Chats momifiés
On admet généralement que le chat fut d'abord domestiqué dans l'ancienne Egypte ou, si ce n'est pas le cas, que la domestication y fut largement répandue, comme le prouvent les nombreuses représentations de l'animal et les chats momifiés découverts dans les tombes, surtout aux environs de Bubastis, au cours des 2000 ans précédant la naissance du Christ. On a également mis au jour de nombreuses statuettes, figurines et amulettes de chats sculptés. Les peintures tombales de Thèbes (1250 av. J.-C.) témoignent du fait que certains d'entre eux étaient entièrement domestiqués. Sur deux de ces images, les chats sont assis sous une chaise, et sur l'une d'elles l'animal porte un collier et ronge un os.
Les chats momifiés devraient en particulier nous permettre d'identifier leurs ancêtres sauvages; toutefois, la question resta longtemps douteuse, pour une raison tout à fait inattendue. Au cours du XIXe siècle et au début du XXe, on exhuma un très grand nombre de ces momies, qui furent utilisées dans la région en guise d'engrais; elles furent aussi exportées pour être transformées à cette même fin. Un seul envoi à destination de l'Angleterre représentait dix-neuf tonnes de chats momifiés. Tout ce que l'on réussit à sauver pour l'étude fut un unique crâne destiné au British Museum!
En 1907, le professeur W. M. Flinders Petrie, égyptologue distingué, offrit au British Museum une collection de crânes d'animaux momifiés comportant 192 chats, 7 mangoustes, 1 renard et 3 chiens. M. O. Thomas les étudia sans toutefois pouvoir en tirer de conclusion définitive relative aux chats. La collection fut mise de côté et oubliée. En 1952, T. Morrison-Scott l'étudia à son tour, et après avoir comparé ses observations à celles des divers auteurs qui s'étaient penchés sur les collections de chats momifiés au cours du XIXe et du début du XXe siècle, il conclut que deux espèces différentes y figuraient, l'une étant le chaus (Felis chaus), l'autre une forme du chat ganté africain (Felis lybica).
D'autres indices semblent prouver que le chaus — le plus grand des deux — n'était pas domestiqué, mais fréquentait l'abord des demeures humaines et ne fut momifié qu'occasionnellement. Celui qui le fut le plus fréquemment était le chat ganté. A en juger par les représentations qui en furent faites, peintures et statuettes, il était de couleur roussâtre, doté de longues oreilles et d'une queue longue et annelée.
Reproduction
La chatte atteint sa maturité sexuelle vers 9 à 10 mois. La domestication a modifié la physiologie dans une certaine mesure, si bien que certaines chattes entrent en rut vers 7 mois déjà, alors que d'autres ne manifestent leur désir sexuel qu'après 10 mois. Il est judicieux d'attendre que la jeune chatte ait atteint l'âge d'une année pour obtenir une reproduction dans des conditions satisfaisantes. Chez les races à poil long, il est préférable d'attendre jusqu'à 15 ou 16 mois avant de faire saillir la chatte. La chatte est fertile durant toute son existence, et on en connaît qui mettent bas une portée annuelle jusqu'à 11, voire 13 ans. Les jeunes les plus vigoureux sont obtenus de mères âgées de 2 à 6 ans.
Le mâle entre en rut vers 10 à 12 mois. Chez les siamois, le rut intervient déjà vers 8 mois, mais il est indispensable d'attendre 12 à 15 mois avant de les faire reproduire. Si la reproduction n'est pas le but désiré, il est infiniment préférable de faire castrer les mâles et stériliser les femelles, car ils deviennent temporairement insupportables lorsqu'ils sont en rut, ce qui se produit fréquemment chez certains individus. Le rut de la chatte dure 8 à 12 jours et se produit normalement deux fois par an. La gestation est de 62 à 66 jours, mais on connaît des chattes ayant mis bas après 56 jours. De nombreuses chattes portent 68, voire 69 et même 70 jours. Ces variations considérables résultent de la domestication, qui modifie profondément les espèces animales.
Les chatons naissent aveugles. Ils pèsent de 80 à 120 g. Leurs yeux s'ouvrent après 6 à 12 jours. La portée comprend normalement de 3 à 6 petits.
Il est très important de supprimer, dès leur naissance, tous les chatons indésirables, afin d'éviter des scènes parfois bien pénibles par la suite, lorsqu'il faut se séparer des chatons en surnombre. Les jeunes sont sevrés vers la fin du deuxième mois. La dentition permanente succède aux dents lactéales vers le quatrième ou le cinquième mois.
Origine des races domestiques
Plusieurs espèces du genre Felis ont été supposées être à l'origine des différentes races de chats domestiques. Le chat du Bengale, Prionailurus bengalensis, qui est le félidé le plus commun d'Asie, serait — pour divers auteurs — responsable de certains caractères particuliers du chat siamois et de quelques races apparentées. Le manul, Ototolobus manul, habitant les steppes désertiques et les montagnes de l'Asie centrale, serait pour quelque chose dans le faciès singulier des chats dits "persans". L'origine de ces races domestiques à poil long a été fort discutée. En fait, les races à long poil résultent de mutations absolument analogues à celles que nous connaissons chez le lapin, le cobaye ou le chien; elles ne sont maintenues que par des croisements judicieux et cette relative rareté leur assure l'estime et l'admiration des amateurs qui ont le goût du fabriqué et un peu de dédain pour ce qui pourrait rappeler de trop près le chat orné, Felis ornata, modeste et principal ancêtre de ces raretés.
Malgré leur apparente diversité, les races félines domestiques ont en commun un certain nombre de caractères, parmi lesquels la persistance, chez l'adulte, de comportements juvéniles (néoténie) et la faible capacité crânienne. Ces modifications paraissent liées au processus de domestication; elles sont en effet bien connues chez d'autres espèces domestiques.
Néoténie
Tout possesseur d'un chat peut constater que, même à un âge avancé, l'animal conserve des mimiques de chaton, en particulier lorsqu'il réclame sa nourriture; bien que physiologiquement adulte, il reste très dépendant de l'homme, alors que le félin libre, même parfaitement "apprivoisé" (empreinte), s'émancipe totalement et rompt avec sa famille humaine exactement comme il quitterait sa mère naturelle.
La persistance du ronronnement pendant toute la durée de la vie est un signe des plus nets de l'infantilisme des lignées domestiques. Il s'agit, en effet, d'une manifestation typique des relations enfant-mère. L'étude de chats sauvages (imprégnés par l'homme au cours de l'élevage au biberon) montre que le ronronnement, intense au cours de la première année, devient par la suite de plus en plus rare et discret pour disparaître pratiquement entre 2,5et 3 ans.
Les races
Une des conséquences de la domestication du chat est l'apparition d'une quantité prodigieuse de colorations diverses de textures du pelage. Il serait vain de tenter une description de toutes les races, plus ou moins bien fixées. La variation individuelle est infinie et obéit aux lois mendéliennes de la génétique. Qu'une race ait été trouvée en Thaïlande ou en Afrique, n'offre absolument aucun intérêt; il est grand temps de mettre fin à toutes les légendes, plus belles les unes que les autres, relatives à l'origine de telle lignée de chats précieux. Dans l'immense univers félin, certains ont eu de la chance, voilà tout! Combien d'autres chats, porteurs de robes magnifiques, n'ont-ils pas mené une existence obscure dans quelque masure du Pakistan ou dans une ferme de Provence?
Depuis quelques années, la zootechnie féline a pris des proportions internationales. Des généticiens se penchent sur la question et on fabrique des races selon les méthodes scientifiques. La science féline s'est organisée et on a créé des registres où les races reconnues par les organisations félines officielles sont consignées, chacune obéissant à des "standards" très stricts. La Fédération internationale féline d'Europe (FIFE), qui couvre l'ensemble des organisations et sociétés félines, édite périodiquement une liste de races et de leurs particularités. Actuellement, on reconnaît plus d'une trentaine de races officielles, que nous énumérons brièvement ci-après:
Races à poil long
Persans: tête grosse, ronde, nez court et large, joues bien pleines, oreilles petites, très écartées, densément velues; yeux grands et largement ouverts; corps massif, membres courts et pieds épais, queue courte et épaisse; pelage très long, dense, soyeux, laine onduleuse.
Noir: poil entièrement noir; yeux orange ou cuivrés.
Blanc avec yeux bleus: pelage sans aucun poil coloré; yeux bleu foncé.
Blanc avec yeux orange: yeux orange ou cuivrés vif.
Blanc avec yeux bicolores: un œil orange et un œil bleu.
Bleu: toutes les nuances de bleu sont admises; pelage entièrement unicolore, clair de préférence; yeux orange, sans trace de vert.
Rouge: rouge foncé, sans aucune marque ou dessin; yeux cuivrés foncé.
Crème: crème pur, uniforme et sans dessins ou variations de nuance; yeux cuivrés foncé.
Fumée (smoke): tête et pieds noirs; flancs argentés; laine aussi blanche que possible; yeux cuivrés foncé.
Blue smoke: tête et pieds bleus; flancs argentés, bourre blanche.
Silver tabby: pelage argenté avec dessin de couleur ébène; yeux verts ou noisette.
Tabby brun: pelage sable-roux chaud avec dessins noirs; yeux cuivrés ou brun noisette.
Tabby rouge: poil rouge sombre portant des dessins noirs distincts; yeux cuivrés foncé.
Chinchilla: laine (bourre) blanc pur. Les jarres dorsales et sur les flancs ont l'extrémité noire, ce qui donne une teinte générale gris argenté très clair; nez rouge brique; tour des yeux, lèvres et plante des pieds noirs; yeux vert émeraude ou vert bleuâtre.
Ecaille: les trois couleurs rouge, noir et crème doivent être nettement séparées l'une de l'autre; yeux orange foncé ou cuivrés.
Ecaille sur blanc: tricolore sur fond blanc, teintes nettement séparées; yeux orange foncé.
Bleu-crème: mélange bleu et crème pastel; yeux orange foncé ou cuivrés.
Colour point (khmer): coloration du siamois avec ses variantes ("seal", lilas, bleu et chocolat); yeux bleu vif foncé.
Birman: tête moins ronde que celle des persans; corps allongé, mais massif; membres courts, pattes épaisses; queue longue et soyeuse; poil soyeux, très long, légèrement ondulé sous le ventre; le corps est ivoire doré et les quatre pieds sont blancs.
Races à poil court
Européens: tête large, face assez courte; oreilles petites et arrondies à l'extrémité; yeux grands et ronds; corps massif, poitrine large; queue relativement courte; pelage court, fin et très dense.
Blanc avec yeux bleus: blanc pur, sans trace de dessin; yeux bleu saphir.
Noir: noir pur, sans poils blancs et sans reflets roussâtres; yeux orange ou cuivrés, sans trace de vert.
Crème: crème uniforme, sans dessins ni trace de blanc; yeux cuivrés ou noisette.
Tabby argenté: teinte de fond argentée sans zones blanches, dessin noir se détachant nettement du fond; yeux verts.
Tabby rouge: dessin rouge foncé se détachant nettement du fond rouge intense; yeux orange ou noisette.
Tabby brun: dessin noir sur fond brun ou sable chaud; yeux orange, noisette, jaune vif ou verts.
Ecaille: plages noires et brun-rouge, claires ou sombres, réparties sur tout le corps; pas de zones blanches, ni de raies nettes ou estompées; yeux cuivrés ou brun noisette.
Ecaille sur blanc: couleurs noir, rouge et blanc également réparties sur le corps; yeux noisette ou orange.
Bleu-crème: mélange uniforme de bleu et de crème, sans zones apparentes; yeux orange, jaunes ou cuivrés.
Tacheté: le pelage ne doit porter que des points noirs, pas de raies ou de lignes; toutes les teintes son admises, sans distinction de coloration des yeux.
Tigré: dessin tigré se détachant nettement du fond, les lignes doivent s'étendre jusqu'au ventre; queue nettement annelée; toutes les colorations sont admises.
Chartreux (British blue): corps massif, nez court, oreilles moyennes implantées haut sur la tête ronde; membres très massifs, musclés; poitrine large; queue épaisse assez courte; pelage légèrement laineux, dense. Toutes les teintes de bleu sont admises; yeux jaunes ou orangés.
Mon (Manx): tête assez fine; corps ramassé, croupe arrondie; flancs creusés; membres postérieurs plus longs que les antérieurs; démarche sautillante; absence totale de queue; pelage mou ressemblant à celui du lapin. Toutes les couleurs sont admises.
Bleu russe: corps fin, tête aplatie, front et nez droits formant un angle; oreilles grandes, pointues, verticales; le pavillon est mince et peu poilu, yeux très écartés et en forme d'amande; corps allongé, gracieux; membres longs; ce chat est haut sur pattes; queue longue en forme de fuseau pointu; pelage dense, très fin, soyeux; couleur bleue sans dessin chez les adultes; yeux vert vif, sans trace de jaune.
Abyssin: tête allongée, museau fin; oreilles grandes, pointues, largement ouvertes; yeux grands et vifs; corps assez petit, ni massif, ni trop fluet; pieds petits; queue assez longue, effilée; poil court et dense.
a) Normal (Lièvre): brun fauve; chaque poil porte deux ou trois zones de couleur différente, ce qui confère au pelage la couleur dite "agouti"; le ventre et la face interne des membres sont plus clairs; les membres postérieurs portent quelques fines raies noires; plante des pieds noire; yeux verts, jaunes ou noisette.
b) Rouge: rouge cuivré chaud, piqueté de rouge foncé; coloration intense; ventre et face interne des membres abricot; nez et plante des pieds roses; métatarse et extrémité de la queue brun foncé; yeux jaunes, verts ou noisette.
Birman (Burmese): tête courte, cunéiforme, oreilles grandes, érigées; yeux en amande, obliques; corps moyen, allongé; cou mince, long; membres grêles; les membres postérieurs sont parfois plus longs que les antérieurs; pieds petits et ovales; queue longue et pointue; pelage lustré, court, dense et fin.
a) Brun: brun foncé riche, dilué sur la poitrine et le ventre; oreilles et masque facial plus sombres que le corps; yeux jaunes.
b) Bleu: gris bleuté chaud, avec des reflets argentés; dos plus foncé que le ventre et la poitrine; yeux vert-jaune à jaune pur.
Havana (Chestnutbrown): tête allongée et gracieuse; corps allongé, bien proportionné; moustaches et nez bruns; oreilles grandes, érigées et largement ouvertes, bien écartées l'une de l'autre; membres fins, les postérieurs un peu plus longs que les antérieurs; pelotes plantaires roses; queue effilée fine; coloration brun-châtain chaud, sans dessin; yeux obliques, en forme d'amande, verts.
Rex: les chats rex portent un curieux pelage ondulé, court, constitué exclusivement de laine (bourre), les jarres font défaut.
Siamois: tête allongée, bien proportionnée, museau effilé; oreilles grandes, pointues, pavillons largement ouverts; yeux en amande, obliques; corps moyen mince; membres longs et minces; les postérieurs légèrement plus longs que les antérieurs; queue longue et mince, se terminant en pointe effilée; pelage très ras, brillant, fin et couché; oreilles, masque facial, pieds et queue de teinte foncée, se détachant nettement de la coloration générale.
a) Seal point: corps de couleur crème, masque, nez et plante des pieds brun très foncé; yeux bleu foncé vif.
b) Blue point: corps uniformément blanc ou bleuté très clair; marques caractéristiques gris-bleu; nez et plante des pieds gris ardoise; yeux bleu très vif.
c) Chocolaté point: couleur blanc ivoire; marques chocolat au lait; nez et plante des pieds roses; yeux bleu vif.
d) Lilac point: corps blanc avec marques gris clair et reflet rosé; nez et plante des pieds lilas pâle; yeux bleu clair vif.
e) Tabby point: couleur pâle sans dessins; masque avec des lignes très nettes, en particulier sur le front et le nez; yeux bleu clair lumineux, paupières lisérées de noir; nez et plante des pieds noirs, bruns ou roses; queue distinctement annelée, zébrures discontinues aux membres antérieurs et postérieurs.
f) Red point: corps blanc ou avec un reflet abricot sur le dos; masque et marques rouge doré vif; nez et plante des pieds roses; yeux bleu vif lumineux.
g) Tortie point: corps crème ou fauve; marques brun foncé piquetées de rouge; nez et plante des pieds brun-noir; yeux bleu foncé vif.
En Amérique d'autres races sont reconnues officiellement:
Sans poils (chat nu): au Canada on élève cette mutation sous le nom de shynx.
Parmi les siamois, on reconnaît l'albinos à yeux rouges, le tonkinois ou siamois doré, le wirehair, à poils tordus en fil de fer, le chinese harlequin, curieux chat à points ronds noirs sur fond blanc (dessin dalmatien).
LES CHATS BLANCS SOURDS
Darwin fut l'un des premiers savants à relever que les chats blancs à yeux bleus étaient généralement sourds. En 1965, le Dr S. K. Bosher et le Dr C. S. Hallpike, du "Médical Research Council" de Londres, étudièrent le développement de l'oreille chez des chatons issus de parents blancs et sourds. Ils observèrent que les oreilles des petits étaient normales quelques jours après leur naissance puis que, dans 75% des cas, se produisait une dégénérescence entraînant la surdité. Quelques-uns conservaient l'ouïe, d'autres n'entendaient plus que d'une seule oreille.
Les autres chats ont une ouïe supérieure à celle de l'homme pour les hautes fréquences, c'est pourquoi un chat est plus prompt à répondre à l'appel d'une voix de femme. Et c'est probablement la raison pour laquelle un chat guettant à l'entrée d'un trou de souris perçoit le bruit que font les rongeurs alors qu'il nous est inaudible.
Chasseurs nocturnes
Les chats domestiques restent plus proches de leurs ancêtres sauvages que les chiens. Bien que tous deux vivent dans l'intimité de l'homme, les chats ont conservé une indépendance incomparablement plus grande et redeviennent facilement sauvages. Les chiens identifient leur proie grâce à leur odorat et la poursuivent, tandis que les chats, tributaires de leur vue et de leur ouïe, restent à l'affût avec une patience infinie, immobiles et blottis en tapinois.
Ce sont des chasseurs nocturnes. Le diaphragme de leurs yeux les protège d'une lumière éblouissante en réduisant leurs pupilles à une étroite fente verticale. En revanche, la nuit, dans la journée si l'ombre est dense, ou dans une pièce, le diaphragme s'ouvre complètement, leurs pupilles s'arrondissent, leur permettant de tirer tout le parti possible d'un faible éclairage. Comme chez la plupart des animaux nocturnes, l'œil est pourvu d'un tapetum, couche de cellules situées derrière la rétine et qui réfléchissent la lumière de manière à en assurer une utilisation maximum. Ce sont les rayons de lumière artificielle, renvoyés par le tapetum, qui font luire les yeux des chats dans l'obscurité, phénomène qui se produit à un degré moindre par une nuit étoilée.
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