











































La majorité des abcès commencent à la surface de la sole, à l'angle des barres. Tandis que la sole grandit, la barre peut parfois se replier au-dessus de cailloux, sable et autres débris, les enfermant sous la sole. Les bactéries sont alors piégées et commencent à grandir en mangeant la sole. Souvent elles passent le long de la ligne blanche, progressant vers le haut, c'est à dire vers la bande coronaire.
Au fur et à mesure qu'il grandit et s'approfondit, l'abcès devient plus douloureux pour le cheval, au point que la jambe peut gonfler au fur et à mesure que les bactéries se rapprochent de la bande coronaire.
Une mauvais hygiène vis à vis de votre cheval, des conditions de vie impropres, comme par exemple un sol jonché de boue, purin et urine, ramollissent la sole, ce qui la rend plus vulnérable aux infections. Des sabots qui ne sont pas curés assez régulièrement retiennent la paille et le purin, gorgés d'urine, au niveau de la fourchette, ce qui peut également entrainer un ramollissement de la sole, et conduire à une infection.
Des hématomes peuvent se transformer en abcès. Des hématomes apparaissent lorsque la paroi du sabot subit un choc, soit avec un autre sabot, soit avec un objet, comme un caillou par exemple. Un hématome est une poche de sang qui se développe lorsque des vaisseaux sanguins éclatent. Cette poche de sang est un vrai paradis pour bactéries. Au fur et à mesure que le sabot grandis, l'hématome grandit avec, permettant à la bactérie d'envahir la zone et de former un abcès. Parfois l'hématome est si sévère que le corps répond par une réaction inflammatoire puissante qui produit un abcès dit "stérile". C'est un abcès qui ne contient pas de bactérie, uniquement des cellules inflammatoires et des débris.
Tout objet qui pénètre le sabot peut également entrainer un abcès. Le trou du clou d'un maréchal-ferrant peut s'infecter et former un abcès. Plus souvent, le cheval marche sur quelque chose, un clou par exemple, et ce clou rentre dans la sole, entrainant avec lui bactéries et saletés. Quand le clou est retiré du sabot, le trou se referme, piégeant les bactéries à l'intérieur du sabot. Si on ne rouvre pas immédiatement pour nettoyer les débris et les bactéries, un abcès peut se former.
La blessure pénétrante la plus dangereuse pour le sabot d'un cheval est une blessure au niveau de la bourse séreuse, souvent provoquée par un clou sous les sabots de l'animal. Dans ce genre de blessure, le corps étranger se déplace vers le haut, à travers l'arrière de la fourchette et dans une minuscule poche de liquide entre l'os naviculaire et la bourse séreuse (ou muscle perforant). Dans ce cas, les bactéries et les débris pénètrent la poche de liquide. Lorsque l'on retire l'objet, la zone se referme, créant l'environnement idéal pour la croissance des bactéries. Si la bourse séreuse s'infecte, le cheval peut souffrir beaucoup, et comme la bourse se situe au plus profond du sabot, il peut être très difficile de soigner cette affection. Si l'infection s'étend jusqu'à la gaine du muscle perforant, elle peut ensuite se déplacer jusqu'à la jambe, la rendant alors presque impossible à éliminer. Le cheval risque alors de perdre la vie.
Traitement
Heureusement, les abcès sont, pour la plupart, faciles à soigner une fois qu'ils ont été diagnostiqués. Le but du traitement est de trouver l'infection, de l'exposer, et d'évacuer le plus de pus possible et de continuer à drainer la zone touchée afin qu'un nouvel abcès ne se forme pas. Une fois l'abcès à l'air libre, que ce soit sur la bande coronaire ou sur la surface de la sole, la zone est aspergée d'antiseptique pour tuer les bactéries et évacuer le pus de la poche ou du canal. Le sabot est ensuite immergé dans une solution chaude de sels d'Epsom, qui achève l'infection. Des antidouleurs et des anti-inflammatoires sont ensuite administrés pour soulager la douleur et diminuer l'inflammation. On peut également utiliser, au besoin, des antibiotiques oraux, intramusculaires, par intraveineuse ou en pommade (directement sur l'abcès). Le cheval doit se reposer entre cinq et dix jours.
Des blessures pénétrantes (piqures) causées par des clous ou tout autre objet sont dans une catégorie différente et doivent être traitées très agressivement. Si possible, on fait une radio du sabot, pendant que l'objet s'y trouve toujours, afin de déterminer la direction et la profondeur du corps étranger. Celui-ci est ensuite retiré, et on injecte une solution dans le canal de la blessure. Cette solution de contraste apparaît en blanc sur une radio. Si la bourse séreuse a été percée, la solution tombe facilement dans la bourse et on peut facilement voir la bourse et le canal de pénétration de l'objet sur une radio.
Si la bourse est infectée, on allonge le cheval sur le sol, il est anesthésié et on retire une section de la fourchette pour avoir accès à la bourse séreuse. On la remplie de solution, on la soigne puis on la maintient ouverte et on la remplie à nouveau de solution chaque jour. Le cheval reçoit des antibiotiques puissants et on chausse le sabot affecté d'une chaussure spéciale (une plaque amovible en métal recouvre la sole). Si tout se passe bien, la bourse ne s'infecte pas et le sabot se reconstitue et cicatrise, ce qui peut prendre de deux à quatre mois
Diagnostic différentiel
Les abcès sont généralement faciles à diagnostiquer, mais ce n'est pas toujours le cas. Parfois, le cheval n'est que légèrement boiteux, et la poche/l'écoulement de pus n'est pas visible sous la sole du sabot. La question se pose alors, s'agit-t-il d'un abcès ou d'autre chose ?
Si l'on soupçonne un abcès sans un trouver un, on peut faire tremper le sabot dans une solution de sels d'Epsom et d'eau chaude permet de faire mûrir l'abcès, provoquant l'expulsion du pus sous la sole, ou, plus souvent, à la bande coronaire des talons. Le temps écoulé entre l'immersion du sabot dans la solution et l'éruption de pus varie beaucoup. Les cas atypiques peuvent nécessiter sept à dix jours de trempage et de cataplasmes d'ichthammol (ou autre baume pour extirper l'infection). Si l'abcès ne s'est pas résorbé après trois jours, vous devez chercher d'autres sources pour expliquer le boitement de votre cheval.
Alors si ce n'est pas un abcès, qu'est-ce que c'est ? Les alternatives ne sont pas aussi faciles à soigner : il peut s'agir d'une fracture osseuse (phalange distale, naviculaire ou phalange proximale), d'une déchirure des ligaments ou des tendons, d'une fourbure, ou de tout un tas d'autres problèmes plus ou moins obscurs.
Personne n'a envie de voir son cheval souffrir, et aucun cheval n'aime souffrir, mais pour le vétérinaire, le propriétaire du cheval et l'animal lui-même, trouver ce fameux pus et l'évacuer contente tout le monde.
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