











































Certaines races devraient être présentées sur le ring au naturel, en limitant au maximum le toilettage.
Il arrive, pour certaines races, que l’on passe des heures entières à préparer des chiens qui ne défileront que quelques minutes. Tonte, coupe d’entretien et coupe aux ciseaux, qui nécessitent l’utilisation de divers produits et instruments, sont devenues la norme pour des races comme le caniche ou le bichon frisé. D’autres, comme le pékinois ou le shih-tzu, doivent être longuement brossés et leur pelage doit être constamment entretenu. Le pelage dur de nombreuses races de terriers doit être régulièrement entretenu, souvent à la main, pour qu’il reste présentable et que la coupe distinctive de la race soit mise en valeur.
Au naturel
Alors, que faire des nombreuses races dont les standards imposent qu’elles soient présentées au naturel ? Elles sont bien plus nombreuses qu’on ne le pense, comme vous pourrez le constater en vous référant aux standards de diverses races. En réalité, toiletter un chien dont la race impose des standards comme un pelage naturel est souvent plus difficile que le toilettage des chiens dont la race exige une coupe travaillée. Cela requiert à coup sûr des compétences différentes.
Les standards de nombreuses races considèrent comme un défaut spécifique la tonte et la coupe travaillée. Certains standards ont de lourdes exigences en matière de tonte et affirment parfois que des chiens tondus devraient être fortement pénalisés et « éliminés de la compétition ». Déclaration effectivement lourde de conséquences.
En fait, même les races qui doivent apparaître au naturel doivent être toilettées et parfois judicieusement tondues. Il faut seulement éviter que cela ne se voie. Il faut garder deux choses à l’esprit en ce qui concerne les concours canins. D’abord, les chiens doivent être propres et ne pas sentir mauvais, il est donc presque tout le temps obligatoire de leur faire prendre un bain avant le concours. Il faut faire attention à sa durée car les poils durs de certaines races ramollissent au cours du bain, ce qui ne dispense pas de faire prendre un bain aux chiens de ces races. Ensuite, le chien ne doit pas avoir les poils emmêlés et son pelage ne doit pas présenter de nœuds (exception faite des races à poil cordé), il est donc presque toujours nécessaire de lui brosser et de lui démêler les poils.
Pour certaines races qui ne sont pas censées être tondues, le pelage peut devenir trop long et cacher la silhouette naturelle du chien. Dans ce cas, il peut être nécessaire de couper l’excès de poils. Mais il est primordial que cela ne laisse aucune trace : il faut donc éviter les lignes droites ou les marques révélatrices dans le pelage, qui trahissent le passage des ciseaux ou d’autres instruments. Des signes trop visibles ne feront que vous éloigner du but que vous vous êtes fixé.
Le problème de l’imprécision
Juger des chiens de races dont les standards imposent de tels critères peut soulever des interrogations chez le juge, mais également chez la personne qui présente le chien. Chaque juge doit décider en son âme et conscience comment interpréter les standards de chaque race. On trouve dans ces derniers des termes pouvant être interprétés très différemment. L’emploi volontaire de termes tels que « assez » ou « modéré » a pour conséquence inévitable que des chiens d’une même race soient présentés très différemment. Cela fait tellement partie des difficultés de juger des animaux vivants qu’il nous arrive parfois de les oublier. Toute personne lisant les standards d’une race dans lesquels apparaissent des termes comme « modéré » aura une conception légèrement différente d’une autre de ce qu’est une angulation « modérée » par exemple. Ce même besoin d’interprétation se fait sentir en ce qui concerne le toilettage.
Par exemple, on retrouve dans les standards de plusieurs races des phrases telles que « Les chiens dont le pelage a été transformé par un toilettage excessif, une coupe, une tonte ou par tout autre artifice, doivent être pénalisés de manière à être éliminés de la compétition » (petit basset griffon vendéen), ou « Les chiens présentant des amas de poils longs ou nombreux doivent être pénalisés de manière à être éliminés de la compétition » (épagneul breton), ou « Les chiens dont le pelage a été transformé par une tonte, une coupe ou un autre artifice doivent être pénalisés de manière à être éliminés de la compétition » (cavalier king charles), ou « Le lévrier afghan doit être présenté au naturel, son pelage ne doit être ni tondu, ni coupé », ou encore « Les chiens trop tondus doivent être sévèrement pénalisés » (terriers irlandais à poils doux). Mais ces affirmations elles-mêmes laissent une grande place à l’interprétation : ce qui est « excessif » pour un juge ne l’est pas forcément pour l’autre.
Les défauts exprimés dans les standards concernant le toilettage sont parfois problématiques pour les juges : quelle décision prendre quand un chien exceptionnel a été trop toiletté, alors que son concurrent, plus banal, ne l’a pas été ? Lequel des deux doit gagner ? Le meilleur chien doit-il être éliminé de la compétition pour ce qui constitue avant tout une erreur humaine ou un excès de zèle ? Un chien inférieur doit-il gagner uniquement parce qu’un autre chien a été trop toiletté ? Tout juge doit décider seul du sens des standards de chaque race. Je vous garantis qu’il y aura des différences d’interprétation et que personne ne détient la bonne réponse.
Les dresseurs professionnels sont souvent critiqués pour leur tendance à trop toiletter certaines races. Et il ne faut pas oublier que les dresseurs doivent gagner pour ne pas perdre leurs clients. Si la majorité des juges décide qu’un chien est « trop toiletté » et ne récompense pas ce chien, le dresseur comprend vite ce qu’il lui reste à faire et change ses habitudes. J’ai déjà vu ce scénario pour plusieurs races, surtout quand le club de race a pris une décision claire à ce sujet. Mais j’ai également assisté au scénario contraire, dans lequel le club de race ne prête pas attention à l’utilisation répandue et excessive du toilettage et des techniques de tonte. Qui a raison ? La réponse dépendra de la personne à qui vous poserez la question.En effet, lorsque l’on observe certaines races durant des concours, on voit parfois que les standards de la race sont ignorés et que les chiens sont toilettés et tondus avec soin. S’il devient habituel d’ignorer cet aspect des standards d’une race, le juge doit-il, lui aussi, les ignorer ? Il s’agit là d’une question que l’on se pose facilement mais à laquelle il est difficile de répondre.









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